Un grand champion !
L'envol d'un postier vers le Marathon,
Nostalgie des années 80
Jacques Maréchet … vous connaissez … ? Michel Ribaillier vous propose de vous faire revivre l’année 1986 de Jacques Maréchet.
Je n’ai jamais été une vedette du macadam, pourtant j’ai eu la chance de partager de nombreuses séances d’entraînement (en footing seulement… !) avec un athlète de grande valeur : Jacques Maréchet.

Ces heures d’entraînement courues ensemble m’ont beaucoup motivé et m’ont surtout permis de mieux connaître et apprécier Jacques.
Jacques était mon voisin à Vénissieux, c’était également un camarade de club mais c’était surtout mon partenaire préféré d’entraînement.
Je vous propose de découvrir Jacques à la fin de l’année 1986.Jacques a 30 ans depuis le 15 octobre dernier. Il est marié avec Anne, athlète également, avec qui il partage la joie d’élever une jolie petite Camille qui a un an.
De tempérament timide et réservé, Jacques conserve un visage d’adolescent qui exprime beaucoup de chaleur humaine et de joie de vivre.
Préparant lui-même ses plans d’entraînement, Jacques s’est consacré jusqu’à ces dernières années au cross et à la piste où il est resté un très bon coureur régional. En sous-bois, le championnat du Rhône est sa course fétiche, puisqu’il détient le record des victoires consécutives avec huit titres. Le dernier championnat de France de Cross Country lui a permis de se révéler, il y figure à la 34ème place.
Sur les conseils des 2 marathoniens internationaux de marathon du club, Gérard Margerit et Georges Moissonnier, Jacques s’est décidé, en 1983, à courir le marathon.
Sa première tentative sur la distance s’avère positive avec un temps de 2h 21’ 11’’ et une 6ème place à l’arrivée du marathon de Lyon.
Pour lui, ce n’est qu’un début prometteur, mais il ne veut pas brûler les étapes. Alors, il s ‘emploie à améliorer sa vitesse de base en continuant à travailler sur la piste (8’51’’3’’ au 3000 m et 14’17’’9’’ au 5000 m).
En 1985, Jacques se décide enfin à penser sérieusement au marathon et la première bonne surprise ne tarde pas à venir, puisqu’il termine 5ème du championnat de France en 2H 18’31’’, sous la chaleur du mois de juin à Annecy. Le mur des 2H 20 est passé et cette performance lui ouvre les portes de l’équipe de France. Il est retenu pour la coupe d’Europe de marathon à Rome où il termine 37ème en 2H 20’23’’, à nouveau sous une chaleur accablante.
Cette année, il a préparé le marathon de Paris, il y termine 9ème en 2H 18’30’’ (record battu de
1 seconde !) derrière Alain Lazare et Jacky Boxberger, mais devant Pierre Levisse. Avec ses camarades de club Jean Jacques Padel (6ème) et Christian Rince (10ème), l’ASPTT Lyon réalise un beau tir groupé.
Au mois de juillet, Jacques s’entraîne de nouveau en vue d’une possible sélection pour un match international sur 30 km prévu au mois d’Août. Quinze jours avant la course, Jacques n’a toujours pas de nouvelles de la fédération qui l’a déjà oublié.
Le championnat de France de marathon, qui a lieu pour la 1ère fois à Lyon, lui laisse l’occasion de confirmer. Il termine 3ème en 2H 15’23’’ à 1’ 9’’ de Lazare vainqueur et à seulement 7 secondes de Lévisse.
Cette performance est réalisée dans des conditions climatiques défavorables et éprouvantes après avoir parcouru 300 mètres supplémentaires suite à une erreur de parcours.
Alors, qu’elle est la vrai valeur de Jacques ? Moins de 2 H 15 c’est sûr … ! (voir la fin de l’article).
(Cross du dauphiné libéré - 1981 )
Jacques fait maintenant partie de l’élite des marathoniens français. Ainsi, il ira représenter la France à la coupe du monde de marathon en avril prochain à Séoul.
A Lyon, après le championnat de France, le directeur national Alain Piron disait ‘ avec Jacques Maréchet, c’est une nouvelle race de marathonien qui arrive’. Et oui, Jacques n’est pas devenu champion par hasard. C’est avant tout un athlète sérieux qui s’entraîne beaucoup. Ses résultats, il les a obtenus au prix de nombreux sacrifices personnels et surtout de beaucoup d’heures d’entraînement.
Jusqu’à l’année dernière Jacques travaillait 8 heures par jour aux PTT. Depuis ses bons résultats, il peut se libérer 2 heures par jour pour s ‘entraîner.

Il y a quelques années encore, il travaillait la nuit et afin de courir 2 fois par jour il démarrait son entraînement à 6 H du matin au parc de Parilly.
L’année dernière, alors qu’il préparait la coupe d’Europe de marathon, nous nous sommes retrouvés tous les jours à cette même heure matinale afin de courir 10 km avant notre journée de travail.
Il nous arrivait également de terminer très tard notre 2ème entraînement de la journée et comme nous le disions en blaguant ‘ nous étions tous les jours là pour ouvrir ou fermer le parc… !’.
Lors de sa préparation au marathon de Paris, j’ai laissé Jacques terminer sa sortie de
30 km à 20 H 30. La nuit était tombée et il lui restait encore 20 km à parcourir.
Trois semaines avant le championnat de France à Lyon, lors d’un entraînement, Jacques avait mal aux jambes et il avait diminué l’allure. Le lendemain, Anne m’apprît qu’il avait parcouru 50 km la veille. Jacques ne voulait pas en parler, cela faisait partie de ses secrets personnels d’entraînement.
Au début du mois de septembre, Jacques m’avoua être fatigué. Il suivait rigoureusement des règles alimentaires diététiques. Il avait perdu 5 kg au cours de la préparation au championnat de France qui était son objectif de la saison. Pendant 7 semaines, il avait allongé le kilométrage jusqu’à parcourir 200 km dans la semaine.
Jacques ne se connaît pas d’ennemis et se sont tous ses amis Lyonnais qui l’ont poussé à se surpasser pour monter sur le podium du championnat de France de marathon. Tout le long du parcours, Jacques a été applaudi et encouragé comme un héros. Pendant 2 jours, il a fait la une de la presse régionale. Cette performance réalisée à Lyon, lui a permis de devenir très populaire.
( France de Cross à la grande motte. Année ? )
J’ai couru avec Jacques une semaine après son exploit. Il n’avait plus les joues creuses, il s’était reposé et avait oublié les sacrifices alimentaires. Mais déjà il pensait à la coupe du monde de Marathon qui lui permettra d’y réaliser le 12 avril 1987 à Séoul sa meilleure performance sur la distance : 2 H 13’47’’.
Avec ce temps, en 2007 soit 20 ans après, Jacques fait partie des 40 meilleurs marathoniens français.
Par athle69aspttlyon, Mardi 3 Avril 2007 à 14:53 GMT+2 dans compétition (article, RSS)





